Métaux de base : dans l’attente de perspectives… de paix ?
04/05/2026
Métaux de base : dans l’attente de perspectives… de paix ?
S’achemine-t-on vers une résolution du conflit opposant Iran et USA ? Rien n’est moins certain. Pour autant, les discussions ont repris à la faveur de nouvelles propositions de Téhéran. Les investisseurs suivent de près les négociations afin d’évaluer les perspectives de réouverture du détroit d’Ormuz. La région représentait environ 9 % de l’approvisionnement mondial en aluminium avant le conflit. Les négociations n’ont pour le moment pas abouti à un accord susceptible de mettre fin à cette guerre, qui a alimenté l’inflation et assombri les perspectives de croissance économique mondiale. La guerre en Iran a poussé les analystes à revoir à la hausse leurs prévisions concernant les cours de l’aluminium, en raison des perturbations de l’approvisionnement, mais ils devraient redescendre dans les mois à venir, selon un sondage Reuters.
Le nickel flambe
Le cours du nickel a progressé la semaine passée, les experts du groupe d'étude international de ce métal (INSG) anticipant un déficit d'offre en 2026 de 32.000 tonnes, selon un communiqué publié mercredi 22 avril. L'Indonésie, de très loin le premier producteur mondial, a renforcé l'encadrement de son secteur minier avec un quota d'extraction de minerai de nickel (RKAB) pour 2026, fixé à un niveau nettement inférieur à celui de 2025.
« Depuis fin 2025, les politiques gouvernementales indonésiennes modifient totalement les dynamiques d’offre et de demande, mais aussi des cours, du nickel. La première mesure consistait à réduire les permis octroyés aux mines », explique Jim Lennon, analyste chez Macquarie. Les analystes s’attendent à voir l’Indonésie mettre en place des taxes à l’exportation sur la fonte de nickel, utilisée pour produire l’acier inoxydable
Résultat, la production mondiale de nickel devrait décliner de près de 4 %, après s'être affichée en hausse pendant plusieurs années. La demande pour le métal, elle, continue de s’étoffer, en hausse d'environ 4 %. L'INSG concède qu'il existe un certain degré d'incertitude concernant ces chiffres, lié principalement à la possibilité que le gouvernement indonésien revoie ses quotas à la hausse et à « l'impact en constante évolution du conflit au Moyen-Orient ».
A noter qu’Eramet a annoncé arrêter de produire sur son site indonésien à partir du mois prochain. La société a indiqué qu’elle aurait épuisé son quota de 12 millions de tonnes humides d’ici mi-mai.
Sur le LME, le Métal du Diable affiche un gain hebdomadaire de 2.260 dollars, à 19.385 dollars mardi matin.
Le cuivre tiraillé
Le cuivre a peu évolué, autour des 13.200 dollars, toujours pénalisé par le contexte géopolitique. « Même si le risque d’escalade miliaire semble écarté pour le moment, la gravité des perturbations augmente de jour en jour », alerte Ole Hansen, responsable de la stratégie matières premières chez Saxo Bank. Le cuivre est actuellement tiraillé entre des facteurs contradictoires ; d’un côté, la menace qui pèse sur l’économie mondiale, et donc sur la demande, et de l’autre, les craintes de perturbations de la production en raison de la pénurie d’acide sulfurique. Ole Hansen indique que le seuil de résistance du cuivre se situe à 13.525 dollars, un niveau qu’il n’a pas réussi à franchir, malgré plusieurs tentatives, depuis février. « Au vu de toutes les incertitudes actuelles, il n’est pas surprenant de voir le cuivre rester cantonné dans une marge étroite depuis deux semaines », souligne-t-il.
Au cours des cinq dernières séances, les autres métaux ont connu des fortunes diverses. Le zinc abandonne ainsi une trentaine de dollars, à 3.362 dollars, tandis que le plomb en cède une vingtaine à 1.953 dollars. L’étain subit quelques prises de bénéfices le faisant refluer sous la barre des 50.000 dollars, à 49.335 dollars. Quant à l’aluminium, il consolide ses positions, gagnant modestement 35 dollars, à 3.555 dollars.